Vainqueur dans la douleur de Toulon (21-19), Castres en a terminé avec sa série de six matchs en trois semaines par une victoire qui l'installe confortablement sur le podium.
Castres n'a pas failli à sa mission. Au terme d'un match enlevé, joué sur un rythme fou, les protégés du duo Labit-Travers ont parfaitement su contrer une équipe toulonnaise qui n'a jamais abdiqué. D'ailleurs, les coéquipiers de Jonny Wilkinson auraient pu quitter Pierre-Antoine avec les quatre points de la victoire dans la poche, si l'ouvreur international du RCT n'avait pas raté une dernière pénalité à l'ultime seconde du match. Un échec qui n'entache pas la prestation d'ensemble de l'Anglais encore une fois impérial. Tour à tour précis dans son jeu au pied, métronome dans son jeu de ligne et intraitable en défense, l'enfant de la Perfide Albion bonifie le jeu de ses coéquipiers.
Malheureusement, un homme si talentueux soit-il, ne peut pas gagner une partie à lui tout seul. Et même si le collectif varois a produit un rugby intéressant par séquence, quelques erreurs sont venues gripper la mécanique des hommes du président Boudjellal. Aux premières loges des points à travailler pour les Toulonnais, l'alignement en touche. Les Castrais ont glané six ballons sur les lancers toulonnais. Beaucoup trop, lorsque l'on sait l'importance des munitions à ce niveau.
De même, les joueurs du Var doivent travailler la discipline. Des erreurs individuelles facilement évitables brident le collectif. Ainsi, Kefu aurait par exemple pu prendre deux cartons jaunes (et donc un rouge), pour deux fautes similaires (placages hauts). Tous les arbitres ne seront pas aussi cléments que monsieur Gauzins... Même si le centre varois a obligé ses coéquipiers a évoluer en infériorité numérique pendant dix minutes, ce qui est déjà une punition en soi!
Merci la troisième ligne!
Côté Castrais, plusieurs joueurs ont tiré leur épingle du jeu. Cameron McIntyre a été le parfait dépositaire du jeu des siens. Il a largement contribué à la victoire de son équipe en choisissant de toujours valider les offensives castraises par une prise de points, n'hésitant pas à claquer des drops si l'occasion s'en présentait. L'ouvreur castrais a joué dans un fauteuil, et dans ces conditions, il a rivalisé avec son homologue toulonnais. Qui dit ouvreur en sécurité, dit aussi paquet d'avant de qualité! C'est largement le cas avec cette équipe de Castres, qui a su ne pas plier devant l'attelage toulonnais pourtant réputé pour sa solidité retrouvée.
La première ligne titulaire, Forestier, Giorgadze,Ducalcon n'a pas plié. Chris Masoe, titularisé troisième ligne centre (Joe Tekori a débuté le match sur le banc) a été un véritable cauchemar pour les attaquants toulonnais. Infatigable plaqueur, le Néo-Zélandais a gratté un nombre incalculable de ballons, excellentes munitions de relance pour son équipe. Associé à Diarra et Caballero, puis à Tekori rentré à la place de Diarra à l'heure de jeu, Masoe a eu un rendement maximum. La troisième-ligne est un réel point fort pour la formation tarnaise. C'est désormais une certitude. Les Castrais sont désormais bien installés sur le podium et peuvent être satisfaits du travail accompli. Reste à ne pas se relâcher, et à confirmer cet excellent départ.
Rugbyrama - Dominique BOURNIQUEL